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The benefits of herbalism on xenoestrogens 

 

Sarah Maria Leblanc

Naturopathy Nutrition

Les perturbateurs endocriniens : c’est du sérieux!

Connaissez-vous les perturbateurs endocriniens? Avez-vous déjà entendu parler des xéno-oestrogènes?

Malgré le fait que leur effet nocif est indiscutable de nos jours, je suis surprise de constater que j’apprends l’existence de ces composés à presque chacune de mes clientes. Les expériences faites sur les souris et autres animaux(malheureusement)sont pourtant claires : anormalités du système reproducteur, baisse de fertilité, diminution de l’épaisseur de l’endomètre, augmentation des glandes mammaires, mutation anormale des cellules, diminution de la lactation, puberté précoce, cancers…sans parler des recherches et observations faites depuis plus de vingt ans, sur des sujets hommes et femmes.

Conclusion : ces molécules modifient lentement et insidieusement notre fonctionnement hormonal et nous laissent avec des graves problèmes de santé des femmes et de santé des hommes.

Xénoestrogènes, c’est quoi ?

Provenant de sources diverses (voir paragraphe ci-dessous), ce sont des composés chimiques qui modifient notre équilibre hormonal, en agissant principalement sur nos récepteurs hormonaux. C’est en se fixant sur ces récepteurs d’oestrogènes qu’elles imitent les oestrogènes(hormono-mimétisme), bloquent l’accès aux vraies oestrogènes et/ou perturbent la production et le métabolisme de nos hormones.

Le bisphénol A est le plus connu (BPA) mais il y en a beaucoup d’autres : le diéthylstilbestrol (DES), les dioxines, les polychloro-dyphéniles (PCB), les diphényléthers polybromés (PBDE), les phtalates, le formaldéhyde, les oestrogènes stéroïdiens dont le 17β-estradiol (anovulants et les hormones de substitution qui se retrouvent dans l’eau du robinet, les fleuves, les mers…), les composés alkylphénoliques, les organochlorés, le résorcisol, le triclosan et plusieurs autres…

Où les retrouve-t’on?

Ces molécules sont présentes dans la plupart des dérivés du pétrole, donc nos fameux plats de plastique pour conservation, les bouteilles d’eau en plastique (même sans BPA), la pellicule plastique, nos ustensiles de cuisine, nos emballages, et tant d’autres produits de consommation. Puis viennent nos cosmétiques, nos produits d’hygiène personnelle, nos produits de nettoyage. Sans oublier les fruits et légumes non bio, à cause des pesticides, herbicides et fongicides. Nous les buvons aussi dans l’eau du robinet puisque les systèmes de filtration n’ont toujours pas de technologies adaptées à cette réalité (une infusion d’hormones dans l’eau avec ça?). Nous les ingérons dans les poissons de nos mers, dans les viandes (boeuf, veau et poulet) et produits laitiers non-biologiques. Il y en a même dans…les colorants alimentaires (particulièrement le rouge #3)! Eh oui…nous sommes dans une ère de xénoestrogènes! Évidemment, les doses qu’on absorbe chaque fois, sont infimes. Sauf que…

Leur impact?

Le problème, c’est que ces perturbateurs sont très difficiles à éliminer pour notre organisme.

Premièrement, ils sont beaucoup plus puissants que nos hormones naturelles. Ensuite, ils se fixent sur nos sites récepteurs hormonaux et ne s’en délogent pas, s’accumulant, lentement… notre système endocrinien, lui, est extrêmement sensible et réagit au quart de tour. Bref… le mélange de ces deux réalités fait un cocktail dangereux pour la santé des femmes. Pour mieux comprendre, il suffit d’imaginer des invités parasites qui prennent beaucoup de place sur le sofa et qui ne veulent plus décoller de là, et lorsque les hôtes de la maison arrivent pour reprendre leur place, ils ne l’ont plus…et ça se reproduit sans cesse. Les hôtes piquent alors une crise et c’est la chicane, ou le désordre dans la maisonnée!

Puberté précoce chez les filles, perte d’hormones androgènes chez les garçons, diminution de la fertilité sont les impacts les plus connus. Par contre, leur impact est malheureusement beaucoup plus large.Les xéno-oestrogènes dérangent notre équilibre glandulaire si complexe, créant ainsi des irrégularités du cycle, des SPM plus pénibles, des dérèglements de la thyroïde, des symptômes intensifiés en périménopause. Elles dérangent également notre système reproducteur : fibromes, endométriose, adénocarcinome du vagin…mais aussi, et c'est ce qui est le plus troublant, elles sont cancérigènes, elles agissent au cœur même des cellules. Elles augmentent les facteurs de risques du cancer du sein, des ovaires et de l’utérus. Quand à vous messieurs, vous n’êtes pas en reste : oligospermie (faible quantité de spermatozoïdes), baisse de plus de 50 % de la qualité des spermatozoïdes, cancer des testicules et hyperplasie de la prostate chez les mâles adultes peuvent aussi être reliés à l’impact des perturbateurs endocriniens.

Sans oublier leur impact sur des troubles comme l’obésité, le diabète, les problèmes digestifs et même cardio-vasculaires. N’est-ce pas assez troublant pour nous convaincre d’agir? Pour notre santé et celle de nos enfants…

Quoi faire, maintenant? – Relire l’encadré Où les retrouve-t’on et faire la liste des possibles perturbateurs endocriniens dans votre vie. – Manger bio – Remplacer les plats de plastique par des plats de pyrex – Dire adieu à la pellicule de plastique et aux ustensiles de plastique – Choisir des cosmétiques, désodorisants et parfums naturels – Mettre un filtre au charbon activé sur le robinet – Ne pas boire d’eau dans des bouteilles de plastique, choisir verre ou métal – Choisir des nettoyants et lessives écologiques – Porter des masques en rénovation et construction – Protéger notre foie avec des plantes – Détoxifier notre corps(foie, intestin)avec des plantes – Consommer des fibres pour assister l’élimination – Consommer des brassicacées – Consommer des phyto-oestrogènes – Diminuer les gras animaux, puisque les oestrogènes sont liposolubles

Les plantes et aliments qui peuvent nous aider Brassicacées (indole 3-carbinol): Cette famille de plantes(choux de toutes sortes, brocolis, choux- fleurs, kale, etc), ont la merveilleuse propriété de convertir le « mauvais oestrogène » en « bon oestrogène » et de désactiver l’oestrogène qui crée le cancer du sein. Les indoles sont détruits à la cuisson, alors il est suggéré de les consommer crus ou légèrement vapeur.

Fibres : Présentes dans les légumes, les fruits, les céréales entières, les noix et les graines, elles réduisent les niveaux d'oestrogène dans le sang de plusieurs façons : en empêchant la recaptation des oestrogènes par l'intestin, jusqu'au foie et de retour dans le sang(ce qui arrive malheureusement souvent, surtout lorsque la muqueuse intestinale est affectée). Les fibres comme le lin sont souvent reconverties par les bactéries de l'intestin en phyto-oestrogènes protectrices. Les fibres diminuent le gras, contribuant ainsi à ne pas créer de sites favorables à la conversion de l'oestrogène. Et bien sûr…elles aident à l'élimination, ce qui contribue à dire bye-bye aux xéno-oestrogènes!

Phyto-oestrogènes: Estimées 100 à 500 fois moins fortes que les oestrogènes de notre corps, elles maintiennent un équilibre hormonal en ayant une action anti-oestrogénique quand les niveaux du corps sont trop élevés et une action oestrogénique quand les niveaux sont trop bas. On retrouve trois catégories : les lignanes(lin, graines de citrouille, baies, grains entiers), les isoflavones(soya et fabacées, trèfle rouge, houblon)et les coumestanes(fève de lima et pinto, pois chiches fenugrec, trèfle,luzerne, mung germées). Il y a aussi plusieurs autres plantes qui agissent comme phyto-oestrogènes, par exemple celles qui contiennent des saponines, des glucosides et du bêta-sitosérol.

Dans les dernières recherches, on dira de certaines phyto-oestrogènes qu’elles ne contiennent pas d’oestrogènes mais qu’elles modulent simplement la captation d’oestrogènes.

La particularité que toutes ces hormones vertes ont en commun, c’est de faciliter le transport des oestrogènes dans le sang avant qu’elles ne s’attachent à un récepteur, diminuant ainsi le risque d’un séjour indésiré sur le sofa…certaines phyto-oestrogènes sont aussi géniales parce que, comme les xéno- oestrogènes elles imitent les hormones, mais elles sont beaucoup moins puissantes que ces dernières et s’éliminent rapidement de l’organisme, prenant donc la place sur le sofa, mais de façon cordiale, juste le temps que les indésirés s’en retournent d’où ils sont venus. C’est pourquoi on dit qu’elles exercent un effet anti-oestrogénique.

Il y a encore discussion au sein de la communauté holistique et scientifique sur le danger de consommer des phyto-oestrogènes en cas d’excès d’;oestrogènes. Ce qui m’apparaît certain, c’est qu’une consommation régulière de phyto-oestrogènes dans l’alimentation(soya fermenté de préférence, comme dans le miso, le tempeh et le tamari) est plus que bénéfique pour tout problème de dérèglement oestrogénique. En ce qui concerne les plantes oestrogéniques comme la sauge, l’actée noire, le dong quai, l’angélique, la calendule, la shatavari et le houblon…consultez une herboriste-thérapeute !

Les plantes pour assister le foie(hépatiques et hépato-protectrices)

Le foie assume plus de 50 % du métabolisme des oestrogènes. Les plantes qui agissent sur le foie vont donc toutes, à des degrés différents, aider l’excrétion des xéno-oestrogènes.

Le Pissenlit(Taraxacum officinale): Riche en vit. A, complexe B, C et D, en fer, potassium et zinc, cette mal-aimée et pourtant merveilleuse plante sauvage est au centre de ma pharmacopée. Traditionnellement utilisée pour supporter la vessie et les reins, diurétique sécuritaire, elle est en fait une des meilleures amies du foie. Ses racines et ses feuilles le protègent, le guérissent et le tonifient, aidant de ce fait la détoxification des hormones : il est démontré que le pissenlit abaisse le taux d’oestrogènes. Il peut prévenir et renverser les processus de cancer du sein. Il réduit la congestion lymphatique, aidant de ce fait la détoxification et soutenant l'immunité. Mangez ses feuilles en salade, buvez ses racines en décoction et en teinture pour aider le corps à dire au revoir aux perturbateurs !

Le Curcuma(Curcuma longa): Anti-inflammatoire utilisé traditionnellement en Inde, le curcuma a récemment été popularisé grâce à ses propriétés anti-oxydantes et anti-tumorales. Les racines de curcuma ont la propriété de réduire la croissance des cellules cancérigènes du sein, qu’elles soient hormono-dépendantes ou hormono-indépendantes. Cette plante hépato-protectrice, protège aussi les cellules du foie contre plusieurs pesticides et herbicides. Prise avec des isoflavones, ces substances combinées ont été capable d’arrêter complètement la prolifération des cellules cancérigènes du sein causées par les hormones de synthèse ou les pesticides xéno-oestrogènes ! Assistant le foie, le curcuma joue aussi un rôle dans la détoxification. On peut le consommer dans la nourriture, et aussi avec la recette classique : dans un demi-verre d’eau, une cuillérée à thé comble de curcuma, une cuillerée à thé d’huile d’olive, une pincée de poivre noir. Vous pouvez aussi vous faire une vinaigrette au curcuma, est plus alléchant!

Le Schisandra(Schisandra chinensis) : Cette baie contenant les 5 saveurs en médecine chinoise, est une plante très puissante et versatile. Hépatoprotectrice, elle aidera les cellules du foie à se régénérer et normalisera ses enzymes. Elle aidera le foie à se détoxifier des toxines et à convertir l'oestrogène. C’est aussi une légère oestrogénique, qui exercera un effet anti-oestrogénique en excès d’oestrogènes et oestrogénique lors de la ménopause. Elle a également prouvé son efficacité à améliorer la constitution des spermatozoïdes. Adaptogène, (voir mon article sur blog.cliniquealtermed.com dans les références) c’est une plante formidable pour retrouver l'énergie, réduire le niveau de stress et augmenter la libido. Elle contient beaucoup de vitamine C et E. Elle aidera aussi pour l’acidité d’estomac, la relaxation du système cardiovasculaire et la protection des cellules des poumons. La meilleure façon de l’utiliser est en décoction(bouillir au moins 60 minutes, 3 cuil. à soupe par litre) ou en poudre dans la nourriture et les smoothies.

Les plantes et familles de plantes présentées ici, ne sont que quelques unes des alliées végétales qui aident notre corps à se protéger des perturbateurs endocriniens et à faciliter leur élimination. Elles donnent également un coup de pouce à notre système endocrinien pour retrouver son équilibre naturel.

Dire oui à sa pleine santé de femme, c’est dire non aux perturbateurs endocriniens. Ça demande du courage, de la patience et de la détermination, mais les nouvelles habitudes se prennent et les changements se font sentir, jusque dans nos humeurs! Parole de clinicienne et surtout, parole de femme! Osons entreprendre cette voie, pour la santé de notre système reproducteur masculin et féminin, et aussi pour la santé…de nos enfants.

Références

LeBlanc Sarah-Maria, Les plantes adaptogènes : médecine de notre époque, Janvier 2013, blog.clinique altermed.com

Gagnon Caroline, Lanctôt-Bédard Valérie, Flora Medicina, Système reproducteur féminin, 2002-2003

Kaur Sat Dharam, A Call to Women-the Healthy Breast Program, Quarry Health books, 2000

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Zhang C.Z., Wang S.X., Zhang Y., Chen J.P., Liang X.M., In vitro estrogenic activities of Chinese medicinal plants traditionally used for the management of menopausal symptoms, Journal of Ethnopharmacology, Vol.98-3, Avril 2005, pages 295-300

Palmer JR, Herbst AL, Noller KL, Boggs DA, Troisi R et al. Urogenital abnormalities in men exposed to diethylstilbestrol in utero: a cohort study. Environ Health 2009; 8: 37

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www.cchst.ca/oshanswers/chemicals/endocrine.html

www.sabotage-hormonal.org

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