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L'arthrose : Mieux la comprendre (partie 2) | Didier Gall, Masso-Kinésithérapeute 

 

Didier Gall

Arthrose ou arthrite ?

  

On a longtemps pensé que l’arthrose n’était pas une maladie inflammatoire, au contraire de l’arthrite rhumatoïde. En réalité, dans l’arthrose, le chondrocyte devient un véritable lance-flammes dirigé contre l’articulation! Il produit des substances pro-inflammatoires qu’on appelle cytokines. Les principales cytokines impliquées dans l’arthrose sont l’interleukine-1 et le TNF-alpha.

L’inflammation a deux conséquences pour le patient: elle le fait souffrir et elle accélère la destruction de son cartilage. Partie des chondrocytes, l’inflammation se propage peu à peu à toute l’articulation: le cartilage articulaire est enflammé, le liquide synovial l’est aussi. Les tissus environnants subissent la même inflammation.

Des terminaisons nerveuses dans l’articulation, la membrane synoviale, les attaches ligamentaires sont stimulées. Ces terminaisons comportent des récepteurs spécialisés de la douleur et leur signal est transmis jusqu’au cerveau, ce qui provoque la douleur. Une fois qu’elles ont été stimulées par l’inflammation, ces terminaisons nerveuses sont rendues hyper- sensibles, ce qui fait que la douleur se réveille à la première sollicitation, même pour les mouvements les plus anodins.

Comment combattre l’arthrose :

A partir du moment où l’on comprend que l’arthrose, c’est d’abord de l’inflammation, la première ligne de défense consiste à juguler cette inflammation par tous les moyens. Ce raisonnement est valable quel que soit le stade de la maladie – et le plus tôt est le mieux.

  • Première initiative (si nécessaire) : maigrir. 
  • Le critère important à prendre en compte, c’est le tour de taille. 
  • En effet un tour de taille élevé s’accompagne de la production de cytokines, en particulier le TNF-alpha
 

Comment mincir de la taille ?

On associe un programme d’exercice physique à un régime pauvre en sucre, féculents et farineux ou un régime à index glycémique bas. Ces alimentations pauvres en glucides, ou dont la charge glycémique est basse, diminuent d’ailleurs les marqueurs de l’inflammation. On remplace pain, pâtes, riz, viennoiseries etc. par des légumes et des fruits et des protéines de bonne qualité. Les corps gras peuvent donner naissance à des médiateurs qui activent l’inflammation. En particulier huiles et margarines de tournesol, de maïs, de soja, de pépins de raisin, que je conseille de remplacer par du gras (oméga-3), soit colza, cameline, huile de noix, N’hésitez pas à consommer la cannelle, le poivre noir, le curry et surtout le gingembre et le curcuma qui sont anti-inflammatoires. La poudre de curcuma a, elle, été donnée pendant 3 mois à 41 patients souffrant d’arthrose, en association avec du zinc et deux autres plantes de la médecine indienne. Les résultats montrent une amélioration nette et rapide de la douleur et de la raideur matinale. Associez-les en cuisine aux oignons, à l’ail, l’origan, le laurier et d’autres aromates comme le romarin.

 

Les compléments alimentaires indispensables :

  • harpagophytum et glucosamine (voir un Naturopathe) 
  • l’harpagophytum
  • glucosamine (associée ou non à la chondroïtine).
 

L’harpagophytum (Harpagophytum procumbens) ou (griffe du diable) est une plante aux propriétés anti-inflammatoires puissantes puisqu’elle réduit le niveau des cytokines 5. Elle diminue aussi la douleur 6. En plus, elle inhibe les enzymes qui (digèrent) le cartilage. C’est donc une arme tout à fait centrale dans la stratégie anti-arthrose. De nombreuses études ont été faites sur l’harpagophytum (poudre ou extraits standardisés). Elles montrent une bonne efficacité globale sur les symptômes de l’arthrose avec des doses d’harpagoside (le principe actif) comprises entre 50 et 60 mg par jour. A ces doses, l’harpagophytum réduit en moyenne de 40 à 50 % la douleur à la palpation et de 35 % la raideur articulaire. Il faut prendre la plante deux mois au moins pour voir des bénéfices apparaître.

Le sulfate de glucosamine et/ou le sulfate de chondroïtine sont deux éléments nourriciers du cartilage. Ces suppléments épargnent aux cellules la tâche devenue quasi-impossible de fabriquer du cartilage (proteoglycanes) à partir du glucose. En effet, dans l’arthrose, les cellules ne disposent plus, du fait de l’inflammation, des outils biochimiques nécessaires pour transformer le glucose en N-acétyl- glucosamine et en N-acétyl- galactosamine, les deux types de sucres qui composent les proteoglycanes.

 

Les compléments alimentaires de soutien :

  • Aux compléments à base d’harpagophytum et de glucosamine/chondroïtine, on peut associer les substances suivantes :
  • les feuilles d’ortie (Urtica dioica, Urtica urens) renferment des composés antiinflammatoires.
  • Huiles de poisson.
  • Vitamine E.
 

Une étude française a mis en évidence les bénéfices d’un extrait d’ortie, associé à des huiles de poisson et de la vitamine E sur les symptômes de l’arthrose du genou et sur le besoin en médicaments anti-inflammatoires.

Les autres approches alternatives: En ma qualité de Masso-kinésithérapeute, j’ai souvent eu l’occasion de prendre en charge des patients souffrants d’arthrose et/ou d’arthrite. (en Europe et au Québec)

 

Les objectifs principaux de ces traitements sont :

  • 1. Détendre les muscles péri-articulaires afin de diminuer le plus possible les contraintes musculaires sur l’articulation.
  • Massages, étirements, application d’huiles essentielles, exercices de décompression, Ces techniques vont favoriser la sécrétion de synovie, réduire les rétractions et contractures musculaires péri-articulaires, entretenir la mobilité maximale, soulager la pression interne de l’articulation en réduisant le tonus musculaire et en assouplissant les différents tissus conjonctifs périphériques…
  • 2. Micro-kinésithérapie : technique qui consiste en quelque sorte à rétablir les bonnes congruences articulaires afin que les mouvements puissent se faire de façon plus harmonieuse et sans accrochage.
  • 3. Retrouver une mobilité articulaire la plus proche de celle d’origine : Mobilisations actives et passives en douceur pour éviter de stresser les structures, en associant les petits mouvements complexes propres à chaque type articulaire (ex : pour le genou il faut savoir que la flexion extension est associée à des mouvements de glissements et de rotation)
  • 4. Le Drainage Lymphatique Manuel peut aussi être une approche à ne pas négliger pour son pouvoir à purifier le corps des toxines et molécules inflammatoires qui participent au phénomène arthrosique.
  • L’ostéopathie est également complémentaire pour tous ces buts recherchés … notamment le réalignement des structures osseuses, mais aussi organiques….
  • La liste n’est pas exhaustive : j’ai déjà mentionné plus haut la naturopathie, mais il ne faut pas négliger l’acupuncture et la diététique qui ont aussi un rôle important à jouer dans le processus de guérison que nous souhaitons de tout cœur pour l’avenir de nos patients.

 

Bibliographie

  • Wigler I : The effects of Zintona EC (a ginger extract) on symptomatic gonarthritis. Osteoarthritis Cartilage. 2003,11(11):783-789
  • Harpagophytum procumbens (devil’s claw). Monograph. Altern Med Rev. 2008 Sep;13(3):248-52. PubMed. PMID: 18950251.
  • Jacquet A. Phytalgic, a food supplement, vs placebo in patients with osteoarthritis of the knee or hip: a randomised double-blind placebo-controlled clinical trial. Arthritis Res Ther. 2009;11(6):R192. Epub 2009 Dec 16.
  • PubMed PMID: 20015358; PubMed Central PMCID:PMC3003499.

Didier GALL Masso-Kinésithérapeute Diplomé d’État (France) et agréé FQM

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